Arnold Böcklin est né à Bâle en octobre 1827. Peintre, dessinateur et sculpteur, il est l’une des grandes figures du symbolisme européen. Il s’est formé à l’académie des beaux-arts de Düsseldorf, auprès du paysagiste Alexandre Calame à Genève, et à Paris. C’est pourtant l’Italie qui l’a captivé : il y a épousé la Romaine Angela Pascucci en 1853, et il y a vécu une grande partie de sa vie.
À une époque attirée par le réalisme, Böcklin a choisi une autre voie. Il a peint des mythes, des créatures légendaires et des paysages étranges et visionnaires. Son œuvre la plus célèbre, L’Île des morts, existe en cinq versions peintes entre 1880 et 1886 : une barque glisse sur une eau immobile vers un îlot rocheux, gardé par de hauts cyprès. Ce tableau est devenu une icône. Il a inspiré des compositeurs, dont Sergueï Rachmaninov, et fasciné Giorgio De Chirico, Salvador Dalí et Max Ernst. Bien plus tard, H. R. Giger lui a rendu hommage dans son style biomécanique.
Böcklin est mort en 1901 à San Domenico, près de Fiesole et de Florence. Plus d’un siècle après, son œuvre fascine toujours : pour le bicentenaire de sa naissance, l’exposition « Böcklin. Jenseits des Mythos » réunira pour la première fois les quatre versions de L’Île des morts qui existent encore, à l’Alte Nationalgalerie de Berlin (du 19 mars au 1er août 2027), puis au Kunstmuseum Basel (du 4 septembre 2027 au 23 janvier 2028).